Ca y’est, le recruteur vous a dit « OUI ». Il veut vous embaucher. Super.
Pour arriver ici, vous et votre CV avez traversé un véritable parcours du combattant. Ce fût long, ce fût stressant, ce fût laborieux, mais n’empêche qu’ aujourd’hui vous voyez le bout du tunnel.
Vous n’avez pas voulu accepter le premier job qui se présentait, car vous vouliez quelque chose de mieux, ce job qui vous motive, et vous avez eu raison d’attendre et d’être exigeant.
Seulement voilà. Le responsable RH qui est votre interlocuteur vous propose un salaire très en deçà de vos attentes. Alors comment s’y prendre pour négocier ? Voici les bons conseils de votre coach de carrière préférée…
Ne pas avoir peur de négocier son salaire à l’embauche
Souvent, les candidats à l’embauche redoutent le moment de la négociation du salaire de départ, pensant que le recruteur pourrait revenir sur sa décision, et finalement ne pas les embaucher.
Sachez d’abord que du moment où vous veillez à garder un climat de discussion sympathique, sincère, professionnel et co-constructif, et que vous ne demandez pas une somme extra-terrestre et irréaliste, il n’y a aucune raison pour que votre futur employeur retire l’offre ou revienne sur sa décision vous concernant.
L’erreur la plus courante : ne pas négocier son salaire à l’embauche
La plus grosse erreur que vous puissiez faire lors de votre négociation, est de ne pas négocier du tout. Alors ne tombez pas le panneau du candidat bien gentil qui ne se souvient plus qu’il a des intérêts et des besoins à défendre (genre loyer, nounou, voiture, loisirs…les choses importantes, quoi !)
Sachez reconnaître la petite voix qui vous dit “c’est la crise”, “je suis déjà content d’avoir trouvé quelque chose”, ou encore “déjà que je ne suis pas diplômé, j’ai de la chance ». Cette petite voix, ça n’est pas vous. C’est la petite voix qui vous pollue, qui ne vous appartient pas, et qui ressemble à celle de votre conjoint, de vos parents, de vos bonnes copines, des médias, de la société, etc. Cette voix est celle du « il faut que ». Ecoutez plutôt la voix du « j’ai besoin de ». Elle est plus sympa, vous connaît mieux, et vous conseille sur le long terme. Elle vous dit toujours la vérité, votre vérité.
Négocier son salaire à l’embauche quand on est une femme
Pour négocier son salaire à l’embauche, il faut du courage. Une situation de recrutement est une situation inhabituelle, alors profitez-en donc pour en faire une nouvelle occasion d’être fier(e) de vous. Le courage de négocier est particulièrement important pour les femmes. Aux U.S, une étude a démontré que les hommes étaient huit fois plus enclins à négocier leur salaire à l’embauche. Est-ce pour cette raison que les femmes sont toujours payées 25% de moins que les hommes? STOP, c’est une mascarade. Alors arrêtons de donner raison au système. Soyons des dames affirmées, et lançons-nous.
Négocier son salaire à l’embauche : La bonne méthode
Pas simple et un peu flippant, cette négociation ? Effectivement, c’est une situation inhabituelle pour vous, mais pas pour le recruteur. Lui, il a l’habitude.. Donc il ne sera aucunement choqué que vous preniez l’initiative de faire valoir vos intérêts à ce propos à un moment donné. Voici donc cinq règles issues des travaux de Jack Chapman, coach de carrière américain de qui je me suis inspirée ici :
Ne démarrez pas la négociation de salaire avant d’avoir obtenu le job
Laissez d’abord votre potentiel employeur décider. S’il pense que vous êtes l’élu(e), c’est qu’il a de bonnes raisons de le penser, et hop, l’affaire est argumentée pour vous en partie. Ensuite, vous pourrez parler d’argent.
Gardez ce même réflexe pour demander une augmentation. La règle : on demande toujours une augmentation APRES l’entretien annuel, et non pendant. Il sera plus difficile pour votre employeur de vous la refuser une fois qu’il aura acté par écrit qu’il est content de vous et que vous avez fait du bon travail.
Laissez toujours l’autre partie vous faire une offre en premier
Le but est de permettre à l’autre partie de suggérer le salaire en premier. Parfois vous aurez de bonnes surprises, parce que la première suggestion sera déjà au-delà de vos espérances. Dans ce cas, votre négociation un poil au-dessus vous permettra d’être vraiment content, fier, et motivé pour démarrer ce nouveau job.
Parfois, au contraire, il sera vraiment trop bas pour vous. L’idée est de vous fixer à l’avance une limite inférieure à ne pas dépasser, et qui sera calculée en fonction de vos besoins (loyer, nounou , etc.), additionnés d’une somme qui représentera vos « dépenses-plaisir », qui contribueront à votre équilibre.
Ecoutez la somme proposée, répétez-là à voix haute, puis restez silencieux
Le but du jeu est que votre interlocuteur reprenne la parole pour éventuellement augmenter ou se justifier sur cette somme. Et s’il se justifie, il n’y croit pas. Donc vous avez une faille à exploiter. Cette technique vous permet à votre machine interne de mouliner pour savoir si cette somme vous convient en fonction de votre objectif, tout en mettant la pression à votre interlocuteur (c’est moche? Non, c’est de la négo !)
Résistez à cette offre sur la base d’une étude fouillée et argumentée
Votre contre-argumentation doit être basée sur ce que vous savez sur vos compétences et qui vous donne une valeur chiffrable, par rapport au niveau de compétences du poste, par rapport au marché, au secteur d’activités, et à l’entreprise. C’est pour cela qu’une négociation de salaire et un entretien d’embauche se préparent, afin d’avoir en tête une idée exacte de ce que représenterait un salaire raisonnable dans le contexte.
Concluez le deal, puis obtenez davantage
Une fois que vous finissez par vous entendre sur la somme et qu’elle est verrouillée d’un commun accord, la dernière étape consiste à négocier des avantages additionnels (voiture de fonction, prime exceptionnelle, forfait repas,etc.). Une bonne façon d’être gagnant sur le package global, car la rémunération, ça n’est pas que le salaire sonnant et trébuchant…
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Source : Bérangère Touchemann est coach de carrière à Toulouse
